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Elections européennes 2019 : Le risque populiste

Entre les 23 et 26 mai prochains auront lieu les élections européennes. Celles-ci doivent permettre aux citoyens de l’Union européenne d’élire ceux qui les représenteront au Parlement européen. Ces élections interviennent dans un contexte de désintéressement grandissant des citoyens envers la chose européenne. Ainsi, Bruxelles veut faire de ces élections un moment de respiration démocratique, crucial pour une organisation dont on critique le manque de caractère démocratique.

Pour ce faire, les institutions européennes veulent instaurer un débat démocratique à l’échelle de l’Union. Ce débat est vital car d’après une étude de Eurobarometer, 44% des 27 000 électeurs interrogés estiment que l’UE va dans la mauvaise direction contre seulement 32% qui pensent le contraire. Couplé à l’apathie de ceux qui ne votent pas, ce chiffre est inquiétant en ce qu’il semble indiquer que les partis euro-sceptiques et anti-establishment disposent d’une voie royale pour gagner des sièges au Parlement européen et pourquoi pas, créer un véritable groupe parlementaire qui défendrait les thèses populistes au sein du Parlement. Afin de faire baisser les chiffres de l’abstention (56,5% en France en 2014), le Parlement et la Commission prévoient de dépenser 30 millions € en campagnes publicitaires (spécialement à l’attention des jeunes).

Aujourd’hui, les partis populistes et nationalistes représentent 20% du Parlement européen : ils se divisent en trois groupes (ECR, EFDD et ENL). Selon l’institut Jacques Delors, ce chiffre devrait s’établir à 25% après les élections européennes. L’institut explique cela par le fait que certains nationalistes comme Viktor Orban demeurent attachés au PPE (chrétiens-démocrates) et ajoute qu’en dépit d’une hausse des sièges occupés par des députés nationalistes ou populistes, les divisions qui sont les leurs aujourd’hui devraient subsister. Deux points constituent des sujets sensibles : la question russe et l’utilisation des fonds structurels (traduction financière de la solidarité européenne. Cependant, les deux groupes majoritaires, le PPE (droite) et le PSE (gauche) devraient voir leur pouvoir relatif diminuer. Les coalitions qui permettent de faire avancer l’activité législative seront plus difficile à construire. Reste l’éventualité d’une coalition de centre menée par les députés de La République en Marche (parti d’Emmanuel Macron) et qui permettra de renforcer les groupes traditionnels (PPE et PSE).

Devant tant d’incertitudes, le risque populiste (principalement de droite) n’apparaît que plus grand. Le populisme de droite est intimement lié à sa dimension identitaire : il rejette ce qui irait à l’encontre des intérêts de ce peuple défendu, qu’il s’agisse de l’Union européenne (critique de la globalisation et de la perte de souveraineté) ou des immigrés (considérés alors comme néfastes pour une société). Ces revendications montent depuis les années 2000 et sont devenues encore plus fortes après la crise migratoire qu’a connue l’UE après 2013. L’élection présidentielle de 2017 en France a vu Marine Le Pen (dirigeante du Rassemblement National) arriver au second tour face à Emmanuel Macron, preuve qu’elle rassemble au-delà de ses soutiens traditionnels. En Italie, le gouvernement est dirigé par une coalition entre la Ligue du Nord et le mouvement 5 étoiles : deux mouvements menés respectivement par Matteo Salvini et Luigi Di Maio qui ne sont unis que face aux migrants et à l’Union européenne. L’Allemagne n’est pas en reste car en 2017, pour la première fois, l’AfD (parti anti-migrant) est entré au Bundestag avec 12,7% des voix.

La vague populiste représente un risque pour le projet européen mais aussi pour certaines franges des peuples européens. Islamophobes, et parfois antisémites, ces partis alimentent les préjugés contre les populations immigrées ou assimilées. Pire encore, certains ont participé à la propagation de la thèse du « Grand remplacement », thèse mentionnée par le terroriste de Christchurch dans son manifeste mortifère. Cependant, la vague annoncée n’aura probablement pas lieu et les populistes ne prendront pas le pouvoir au Parlement ainsi qu’à la Commission (le prochain président de la Commission étant choisi par le Parlement). Les partis classiques devront donc inventer de nouvelles alliances pour contrer les populistes et faire avancer le projet européen sur les bases qui sont les siennes : la démocratie et la paix.

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Noureddine Boubahri

Noureddine Boubahri, normalien en droit et en économie à l’Ecole normale supérieure de Rennes.

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